Flaine 1600 - 2500





Le parcours, toute une histoire


Fabriquer un parcours de ski cross


Sur une piste d'environ 1000m de long, une quinzaine de modules doivent être mis en forme. Pousser la neige, former les modules, tester la piste, il s'agit d'un travail titanesque et précis à la fois. Modeler un parcours de Coupe du Monde nécessite environ 130 heures de travail en machine (des dameuses spécialement adaptées), de la dextérité et de l'expérience.

Celui qui met en forme est appelé le "shapeur" (du verbe anglais "to shape" = façonner ou modeler). 

Un shapeur : Nicolas Marduel


Flainois de coeur, Nicolas Marduel est aujourd'hui l'un des shapeurs les plus prisés de la planète neige. Son métier : bâtir au cordeau les bosses les plus belles, les snowparks les plus propres et les pistes de Ski Cross les plus impressionnantes. C'est ce virtuose de la lame de ratrack qui aura en charge la réalisation du tracé de la piste de ski-cross de la Coupe du Monde. Rencontre au sommet.

Flaine Magazine : Quelle est ta relation avec Flaine ?
Nicolas Marduel : C'est l'une de mes stations préférées ! J'ai passé plusieurs saisons à Flaine depuis 1994, d'abord au service damage des pistes, puis je m'occupais du damage et du snowpark, et enfin uniquement du snowpark la dernière saison. Le domaine skiable est magnifique, et avec les liaisons qui ont vu le jour les hors-pistes sont plus accessibles. Je suis vraiment content de revenir à Flaine pour m'occuper de la piste de Ski Cross de la Coupe du Monde.

FM: Justement, quel va être ton rôle ?
NM : Je vais concevoir et dessiner la piste en collaboration avec la Fédération Internationale de Ski, puis m'occuper de la réaliser sur le terrain. La piste doit être très fluide pour les skieurs, qui partent à quatre de front. On trouve des compressions, des whoops, des virages relevés, des tables, et tous ces obstacles doivent être avalés en toute sécurité par les skieurs, qui arrivent parfois à plus de 80 km/h sur certains obstacles. Ils ne doivent pas se retrouver avec de gros freinages en approche ou en sortie d'obstacle. La fluidité est vraiment importante dans cette discipline. Ensuite, il faut assurer le spectacle et offrir une piste cohérente à ces skieurs hors normes qui peuvent encaisser des sauts de 20 mètres de long à quatre mètres de hauteur.

FM : C'est une discipline dangereuse ?
NM : Disons plutôt impressionnante et engagée. La FIS a heureusement des normes de sécurité draconniennes pour garantir l'intégrité des skieurs, et les athlètes sont des compétiteurs de haut niveau. On ne se jette pas dans un parcours comme celui-là au coude à coude avec trois autres skieurs sans une solide confiance en son ski. Il faut une telle vitesse pour franchir les obstacles, et un ski si précis pour se sortir du parcours que l'exercice est déconseillé au commun des mortels. Mais il n'y a pas de souci, les spectateurs auront eux aussi des sensations fortes !...

(extrait de Flaine Mag 2006/2007)